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Notre approvisionnement alimentaire est-il à l’abri de la COVID-19?

Par : Souveraine Assurance

 La COVID-19 a envahi toutes les régions du globe et, comme nous l’avons vu, aucune collectivité, entreprise, ni industrie n’est impénétrable. Cela est particulièrement préoccupant lorsqu’on réfléchit à ses répercussions potentielles sur l’industrie alimentaire. Partout au Canada et aux États-Unis, l’éclosion de la maladie dans des usines de transformation des aliments a forcé ces dernières à fermer, essentiellement pour assurer la santé et la sécurité de leurs employés. Il est très difficile pour les employés de se tenir à distance dans ces usines, où ils travaillent côte à côte pour transformer et emballer les aliments. Dans ces conditions, la propagation du virus peut être rapide.

Par exemple, l’éclosion de COVID-19 qui a été découverte chez United Poultry Co. Ltd, une usine de transformation de poulet établie à Vancouver, en Colombie-Britannique, a infecté 28 des 71 employés qui s’y trouvaient au moment des tests de dépistage1. Et on s’attendait à ce que ce nombre augmente, car plusieurs membres du personnel étaient en congé de maladie.

En avril, une usine Cargill établie au sud de Calgary, en Alberta, a été temporairement fermée après qu’une éclosion de COVID-19 a fauché la vie d’un employé et infecté plus de 484 personnes2.

Aux États-Unis, les éclosions de COVID-19 ont causé la fermeture d’importantes usines de conditionnement de viande. Pour donner une perspective de la portée et de la rapidité de la propagation, le taux d’infection dans les usines qui ont été fermées est environ 75 % plus élevé que le taux enregistré dans les comtés3.

Les produits alimentaires et leur emballage sont-ils toujours sécuritaires?

C’est la grande question que tout le monde se pose : la COVID-19 peut-elle se propager par les produits alimentaires ou leur emballage? Autrement dit, nos provisions sont-elles sécuritaires?

En réaction à la situation à l’usine d’United Poultry Co. Ltd de la Colombie-Britannique, la directrice de la santé publique de la province, Dre Bonnie Henry, a dit que rien n’indique que la COVID-19 peut se propager par la viande, par la consommation de produits semblables ou par l’emballage de la viande – du poulet, dans le cas de cette usine1. Siyun Wang, professeure agrégée à la Faculty of Land and Food Systems de l’Université de la Colombie-Britannique, a donné une réponse similaire à propos de l’incident de Cargill, disant que le virus se transmet par contact d’une personne à une autre. Elle a ajouté que la propagation du virus dans l’usine albertaine de conditionnement de viande est aussi attribuable à un contact entre les personnes2.

Selon Jeffrey Farber, directeur du Canadian Research Institute for Food Safety et professeur à l’Université de Guelph, bien que le risque soit théoriquement possible, il est en fait extrêmement faible2. Il explique que si une personne éternue ou tousse directement sur la viande, les gouttelettes en suspension dans l’air pourraient théoriquement se déposer sur la viande, mais comme les travailleurs portent souvent un masque, ce n’est pas préoccupant2. Alors, que se passe-t-il si une gouttelette se dépose sur votre viande? M. Farber dit qu’en raison du temps qu’il faut pour que ce produit parvienne à votre assiette, le nombre de particules virales pouvant être présentes s’en trouve encore plus réduit2. Il est donc peu probable que les consommateurs puissent attraper la COVID-19 de leur nourriture.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis appuient toutes les deux ces déclarations. Selon les deux organismes, aucun cas n’a été rapporté associant les aliments ou l’emballage des aliments à la transmission de la COVID-194,5

Comment la COVID-19 se propage-t-elle?

Santé Canada4 indique que le virus responsable de la COVID-19 se propage par les voies suivantes à partir d’une personne infectée :

  • Gouttelettes respiratoires générées en toussant ou en éternuant
  • Contact étroit et prolongé entre deux personnes, par exemple lorsqu’elles se touchent ou se serrent la main
  • Contact avec une surface infectée, suivi du contact de la main avec la bouche, le nez ou les yeux avant de se laver les mains

Les virus sont souvent transmis aux clients par des ouvriers de l’alimentation qui sont infectés et qui n’appliquent pas de saines procédures de manipulation lorsqu’ils préparent ou servent de la nourriture.

Qu’avons-nous appris de la propagation de virus semblables?

La COVID-19 est causée par le virus SRAS-CoV-2. Les éclosions antérieures de coronavirus apparentés, comme le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV) et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (CoV-SRMO), montrent qu’ils n’ont pas été transmis par la consommation d’aliments6.

Les coronavirus sont généralement très stables à l’état congelé, selon des études réalisées sur d’autres coronavirus qui ont montré qu’ils peuvent survivre jusqu’à deux ans à  20 °C6. Des études menées sur le SRAS-CoV et le CoV-SRMO indiquent que ces virus peuvent subsister jusqu’à quelques jours sur différentes surfaces selon une combinaison de paramètres tels que la température, l’humidité et la lumière. Par exemple, à une température de réfrigération (4 °C), le CoV-SRMO peut demeurer viable jusqu’à 72 heures6. Les preuves actuelles concernant d’autres souches de coronavirus montrent que même s’ils semblent stables pendant une certaine période à des températures froides ou de congélation, de bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité alimentaire peuvent prévenir leur transmission par les aliments. Plus précisément, les coronavirus sont thermolabiles, ce qui signifie qu’ils sont sensibles à une température de cuisson normale (70 °C)6. En règle générale, il faut donc éviter de consommer des produits d’origine animale crus ou pas assez cuits. Le SRAS-CoV et le CoV-SRMO sont sensibles aux protocoles les plus courants de nettoyage et de désinfection et jusqu’à présent, rien n’indique que le SRAS-CoV-2 y réagit différemment.

« Selon les deux organismes [L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis], aucun cas n’a été rapporté associant les aliments ou l’emballage des aliments à la transmission de la COVID-19. »

Comment les chaînes d’approvisionnement ont-elles été touchées? 

Bien qu’une propagation de la COVID-19 par les produits alimentaires soit peu probable, des éclosions virales ont forcé de nombreuses usines de transformation alimentaire à cesser ou à réduire temporairement leur production afin de se plier à des exigences plus élevées sur le plan de la sécurité, comme l’assainissement plus rigoureux et la distanciation physique. 


La proximité des travailleurs d’une chaîne de transformation de la volaille illustre le défi que représente la distanciation physique dans les usines3.

 

Pour certains agriculteurs, cette situation a entraîné un excédent de produits et de bétail. Plusieurs histoires désolantes ont été rapportées par les journalistes, comme celles des producteurs laitiers qui ont jeté le lait qu’ils ne pouvaient pas vendre aux transformateurs, des fruits et légumes qui ont pourri dans les champs à cause de problèmes de main-d’œuvre et de distribution9 et des producteurs de porcs qui ont dû se débarrasser de leurs animaux10. En plus de réduire la capacité de transformation alimentaire, ces perturbations ont entraîné une pénurie de produits clés tels que le bœuf, le porc, le poisson et les fruits de mer pour les consommateurs finaux. 

Par exemple, McDonald’s Canada a indiqué qu’elle changeait sa politique de servir uniquement du bœuf canadien à cause de « la capacité de transformation limitée chez des fournisseurs canadiens », mentionnant en particulier l’usine de Cargill. La société continuera à acheter autant de bœuf canadien que possible, mais ces difficultés d’approvisionnement l’obligent à compléter la quantité nécessaire avec de la viande importée11.

L’interruption ou la réduction des activités dans les restaurants a également eu des répercussions importantes sur les chaînes d’approvisionnement. L’industrie de la pomme de terre, par exemple, a subi une crise provoquée par une contraction de la demande en frites devant être servies dans les restaurants12

 


La société Tyson Foods a installé des écrans de plastique entre les stations de travail de ses usines de transformation
de viande et de volaille afin d’éviter la transmission de la COVID-193.


La gestion de l’offre excédentaire 

Alors que certains produits (comme les pommes de terre) peuvent être entreposés et vendus plus tard, d’autres (comme le lait) n’ont pas une durée de conservation aussi généreuse. Pour ces produits, en faire don à une banque alimentaire locale pourrait sembler être une solution positive pour gérer l’offre excédentaire, mais un afflux de dons de denrées périssables présente aussi des défis13.

Par exemple, selon David Wiens, vice-président des Producteurs laitiers du Canada, les banques alimentaires pourraient se sentir submergées par ce raz de marée de lait et de produits laitiers dans leur réseau de distribution13, et elles pourraient ne pas avoir la capacité de stockage requise pour réfrigérer les produits. De plus, le lait doit tout de même être d’abord transformé à partir du lait cru – une étape et des frais supplémentaires pour la chaîne d’approvisionnement.

Il est certainement préférable de donner ces aliments au lieu de les gaspiller, mais M. Wiens soutient que le système de gestion de l’offre s’efforce maintenant de déterminer combien de temps durera cette variation de la demande et si la demande perdue des clients des services alimentaires sera compensée par des augmentations du côté de la vente au détail13.
Les agriculteurs sont confrontés à une production réduite en réponse aux besoins changeants des consommateurs, suivant les circonstances de la pandémie, et comme ils ne savent pas dans combien de temps la vie reprendra son cours normal, ils doivent en plus anticiper l’offre et la demande afin de pouvoir augmenter leur production lorsque la demande reviendra à ce qu’elle était 13.

En résumé…

Selon les experts, il est sécuritaire de distribuer et de consommer les aliments qui sont directement exposés à la COVID-19, pourvu que de saines pratiques de manipulation soient respectées pour écarter la propagation de la maladie. Dans l’ensemble, selon l’information dont nous disposons à ce jour, le risque de contracter la COVID-19 à cause des aliments semble très faible. 

Pour le moment, puisque rien ne semble indiquer une transmission de la COVID-19 par les aliments ou leur emballage, notre approvisionnement alimentaire ne semble pas directement menacé de contamination par la COVID-19. 

Cependant, cela ne veut pas dire que les effets de la COVID-19 ne sont pas ressentis dans toute la chaîne d’approvisionnement et dans les usines de transformation alimentaire. Le virus peut nuire à la capacité de ces entreprises de fonctionner à plein régime en raison des importantes restrictions à respecter pour permettre à leurs employés de maintenir une distance physique entre eux dans leur milieu de travail. Son effet est aussi ressenti dans la chaîne d’approvisionnement, où il cause parfois une suroffre troublante pour les agriculteurs. 
La pandémie entraîne de nouvelles réalités éprouvantes, surtout lorsqu’il est question de produits aussi essentiels que les aliments. Bien qu’il soit difficile de prédire les tendances que prendront l’offre et la demande dans des circonstances aussi incertaines, nous ne pouvons qu’espérer que l’industrie alimentaire se stabilisera à mesure que les provinces se déconfinent et retrouvent une « nouvelle normalité ».

Avec le temps, nous en apprenons davantage sur le coronavirus et sur la façon dont il réagit et se développe. De ce fait, nous vous invitons à rester vigilants. L’ACIA nous rappelle l’importance de bonnes pratiques d’hygiène durant le traitement et la préparation d’aliments4 :

  • Se laver les mains
  • Nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces
  • Bien cuire la viande
  • Éviter la contamination croisée possible entre les aliments cuits et les aliments crus

Nous vous invitons à suivre l’actualité pour être au courant des dernières nouvelles.


Sources
1. CBC News. COVID-19 outbreak discovered at Vancouver chicken processing plant with 28 cases so far, 21 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
2. Niazi, A., CBC News. Should I be concerned about the outbreak at the meat-packing plant? Your COVID-19 questions answered, 22 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
3. Bagenstose, K., S. Chadde et M. Wynn, USA Today. Coronavirus at meatpacking plants worse than first thought, USA TODAY investigation finds, 22 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
4. Gouvernement du Canada, Agence canadienne d’inspection des aliments. Coronavirus (COVID-19) : informations destinées aux consommateurs sur l’alimentation et la santé animale, 11 mai 2020. Page consultée le 15 juin 2020
5. U.S. Food and Drug Administration (FDA). COVID-19 Frequently Asked Questions. Page consultée le 15 juin 2020
6. Organisation mondiale de la Santé (OMS). Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) Situation Report – 32, 21 février 2020. Document consulté le 15 juin 2020
7. Association canadienne de santé publique. Les maladies d’origine alimentaire – Qu’est-ce qui cause un empoisonnement alimentaire? Page consultée le 15 juin 2020
8. Canadian Institute of Food Safety. Understanding Food-Borne Bacteria, Viruses and Parasites, 10 octobre 2019. Article consulté le 15 juin 2020
9. Jacobs, J. et L. Mulvany. Trump Orders Meat Plants to Stay Open in Move Unions Slam, 29 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
10. Skerritt, J., M. Hirtzer et I. Almeida. Farmers Are Starting to Destroy Their Pigs After Factories Close, 23 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
11. Global News. McDonald’s Canada to start importing beef over supply concerns amid COVID-19, 29 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020
12. Akin, D. Canada’s meat-and-potato problem: Coronavirus pandemic hits the food supply chain, 3 juin 2020. Article consulté le 15 juin 2020 
13. Sagan, A., CBC News. Why Canada’s dairy farmers are dumping milk despite food supply issues in COVID-19, 27 avril 2020. Article consulté le 15 juin 2020

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